Telegram : l'application sous surveillance. durov face à la répression espagnole.
Madrid est au cœur d'un débat brûlant. L'application de messagerie Telegram, extrêmement populaire en Espagne, se retrouve sous le feu des projecteurs, confrontée à une pression réglementaire croissante de la part du gouvernement espagnol et de son CEO, Pavel Durov. La tension est palpable.

La vigilance accrue : durov dénonce un « état de surveillance »
Durov a récemment alerté ses utilisateurs, qualifiant les mesures réglementaires sur les réseaux sociaux de « véritable état de surveillance ». Cette réaction fait suite à une série de démêlés judiciaires et à une montée en puissance des préoccupations concernant l'utilisation de la plateforme à des fins criminelles.
Le chiffre parle de lui-même : en 2025, Telegram a été au cœur d'un essor de fraudes en Espagne, représentant 22% des délits financiers, selon les données de Revolut. Mais la situation ne s'arrête pas là. Malgré les efforts de Telegram pour lutter contre la cybercriminalité, l'application reste un terrain fertile pour les activités illégales.
Une étude récente de Check Point Software révèle que, bien que Telegram ait intensifié ses efforts de modération, 20% des canaux bloqués étaient liés à des opérations de carding, au commerce de données personnelles et à des services de hacking. Les fermetures quotidiennes atteignent un record de 500 000, une augmentation spectaculaire par rapport aux 10 000 habituels.
Pourtant, la plateforme semble résister. Selon Check Point, Telegram reste le centre névralgique des cybercriminels. Les liens d'invitation à Telegram sont partagés à une échelle alarmante – 3 millions au cours des trois derniers mois – surpassant largement Discord (moins de 6%) et éclipsant d'autres applications comme Signal ou Matrix.
La maîtrise de la modération reste un défi majeur. Telegram a bien augmenté la fréquence des fermetures de canaux illégaux, mais ces efforts ne suffisent pas à éradiquer la présence des cybercriminels, qui s'adaptent plus vite que les plateformes ne peuvent réagir. La persistance de ces activités soulève une question : la capacité de Telegram à réellement contrôler son écosystème, ou la nature même de la liberté d'expression sur les réseaux sociaux ?
La réponse, pour l'instant, semble indiquer que la course entre la sécurité et la criminalité est loin d'être terminée.
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