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Sanctions américaines sur la chine : pékin accélère la course à l'autonomie technologique

Les sanctions américaines contre la Chine, loin de s'atténuer, risquent de s'intensifier. Face à cette réalité, Pékin se lance dans une ambition audacieuse : construire son propre équivalent de l'ASML, le géant néerlandais des machines à lithographie.

L'article, relayé par plusieurs médias spécialisés, souligne les difficultés persistantes de la Chine à maîtriser la production de puces avancées, en particulier celles situées entre 5 et 7 nanomètres. Alors que des entreprises comme Samsung et Apple intègrent déjà des puces 3nm et même 2nm, Huawei accuse un retard significatif. Cette situation a poussé les dirigeants chinois à appeler à un effort national sans précédent.

Un effort national pour combler le fossé technologique

Une étude récente, signée par des figures clés de SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corporation), d'Empyrean, de Yangtze Memory Technologies et de Naura Technology, ainsi que des professeurs d'université, met en lumière les défis majeurs. Les restrictions américaines ciblent trois domaines essentiels : les logiciels de conception électronique (EDA), les wafers de silicium et, surtout, les équipements de fabrication avancée, notamment les systèmes de lithographie ultraviolette extrême (EUV) dont ASML détient le monopole.

L'ASML, dont les machines EUV comptent plus de 100 000 composants provenant de 5 000 fournisseurs, agit principalement comme un intégrateur. La Chine a fait des progrès notables dans le développement de ses propres lasers EUV, de plateformes à double étage et de systèmes optiques. Cependant, l'intégration nationale de ces avancées représente un défi considérable avant 2030. L'article met en évidence la fragmentation du secteur chinois, avec des centaines de petites entreprises EDA, des milliers de concepteurs de puces et des dizaines de fabricants d'équipements de fonderie. Coordonner ces acteurs nécessitera une direction nationale forte et des ressources financières et humaines regroupées.

Des rapports récents évoquent le développement d'un prototype de machine EUV à Shenzhen, bien qu'elle n'ait pas encore produit de puces fonctionnelles. Les dirigeants chinois perçoivent naturellement cet effort national comme urgent. Les auteurs de l'étude préconisent d'«abandonner les illusions et de se préparer à la lutte». Cette détermination reflète une volonté de souveraineté technologique qui transcende les obstacles.

La Chine pourrait bientôt produire des puces à 2nm. Les sanctions américaines pourraient freiner les ambitions chinoises pendant quelques années, mais elles ne les arrêteront pas. L'autonomie technologique n'est pas une aspiration, mais une nécessité stratégique pour Pékin.