San francisco : une start-up de robots dévaste un airbnb
L'obsession pour les humanoïdes à l'IA a atteint un nouveau paroxysme à San Francisco, laissant un propriétaire de Airbnb dans un état de stupéfaction. The Bot Company, une entreprise prometteuse spécialisée dans la robotique domestique, a transformé un appartement en champ de bataille technologique, laissant derrière elle un sillage de destruction et une facture salée.
Un appartement transformé en terrain de jeu destructeur
Sean Donovan, le propriétaire de l'appartement, loué via Airbnb entre le 12 et le 25 avril, a découvert l'ampleur des dégâts à son retour. Ce qui devait être une location paisible s'est révélé être un laboratoire d'expérimentation improvisé, avec des robots de la Bot Company testant leurs capacités au détriment du mobilier et de la décoration. Les caméras Ring, installées pour la sécurité, ont immortalisé l'étrange ballet destructeur, révélant des équipes de techniciens travaillant par roulements, parfois jusqu'à tard dans la nuit.
“Après leur départ, on a entendu ce qui s'était passé. Ils parlaient de prendre le BART, d'aller dans East Bay, ou de faire du vélo”, témoigne Donovan auprès de SFGate, encore sous le choc. L'appartement avait été métamorphosé en un lieu de recherche et développement, loin des regards indiscrets.

Un “roomba sur chenilles” déchaîné
La machine au cœur du désastre ? Un prototype robotique décrit par Donovan comme un “Roomba sur chenilles”, mesurant près de 1,80 mètre de haut et équipé de chenilles. Ce colosse métallique, semble-t-il, a été utilisé pour entraîner les algorithmes de la Bot Company, avec des conséquences désastreuses. La scène est digne d'un film de science-fiction dystopique : des tiroirs vidés de leur contenu, des objets déplacés de manière aléatoire, et un chaos généralisé.
La liste des dommages est longue : un service de vaisselle complet disparu, probablement sacrifié sur l'autel de l'apprentissage automatique, des carreaux de salle de bain fêlés, une table basse cabossée, une tasse brisée dont le manche est désespérément accroché, et même un meuble à chaussures dérobé. Le tout s'élève à plus de 12 000 dollars, une somme que Donovan a réclamée à The Bot Company.
The Bot Company, fondée par Kyle Vogt, également à la tête de Cruise, et Paril Jain, a levé plus de 300 millions de dollars. Ironie du sort, l'entreprise pourrait bien se retrouver à payer très cher son ambition de dompter le foyer grâce à la robotique. Donovan a engagé une action en justice, signalant l’utilisation abusive de son bien et les dégâts causés. L'affaire soulève une question essentielle : jusqu'où peut aller une entreprise pour tester ses technologies, au risque de piétiner les droits de ses concitoyens et de transformer un Airbnb en zone de guerre robotique ?
La saga de Sean Donovan est un rappel brutal que la course effrénée à l'IA, souvent fantasmée et idéalisée, peut avoir des conséquences bien réelles et, parfois, désastreuses. L'appartement dévasté de San Francisco est le symbole d'une ambition démesurée, capable de réduire en miettes le quotidien d'un simple propriétaire.