Okcupid vend ses données : la confiance des utilisateurs brisée ?

Trois millions de photos et d'informations personnelles, cédées à une entreprise spécialisée dans la reconnaissance faciale sans le consentement des utilisateurs. L'affaire OKCupid, qui aurait pu déboucher sur une amende conséquente, se solde par un simple avertissement. Un précédent dangereux pour la protection de la vie privée en ligne.

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L'ia à la porte des données intimes

OKCupid, la plateforme de rencontre appartenant au groupe Match (qui chapeaute Tinder, Hinge et d'autres applications similaires), a transmis ces données à Clarifai, une entreprise pionnière dans le domaine de l'intelligence artificielle et de la reconnaissance faciale. Le partage s'est effectué sans aucune restriction ni information préalable aux utilisateurs, violant ainsi sa propre politique de confidentialité, qui promettait explicitement de ne pas divulguer les informations personnelles sans consentement.

Le rapport de la Federal Trade Commission (FTC), bien que confirmant cette violation, a choisi de ne pas infliger de sanction financière à OKCupid. Une décision surprenante, d'autant plus que la FTC a connu un recentrage de ses priorités sous l'administration Trump. Le juge aura le dernier mot, mais la décision de la FTC laisse un goût amer.

Ce qui rend l'affaire encore plus troublante, c'est la tentative d'obstruction à l'enquête de la part d'OKCupid, qui a même nié tout lien avec Clarifai malgré des preuves accablantes. L'investissement de certains dirigeants d'OKCupid dans Clarifai ajoute une couche supplémentaire de suspicion à cette histoire.

L'affaire OKCupid rappelle avec force les risques liés à la prolifération des algorithmes de reconnaissance faciale et à l'utilisation abusive des données personnelles. Récemment, une grand-mère a passé cinq mois en prison après avoir été confondue avec une fraudeuse par une IA. Une illustration glaçante de la potentielle dérive de ces technologies.

La FTC se contente, pour l'instant, d'exiger d'OKCupid qu'elle ne mente plus et qu'elle ne participe plus à la diffusion de fausses informations. Un accord qui ressemble plus à une simple promesse d'amélioration qu'à une véritable sanction. OKCupid, de son côté, affiche son soulagement, arguant que cette affaire remonte à 2014 et que ses pratiques en matière de confidentialité ont été renforcées depuis. Des mots creux qui ne suffisent pas à rassurer les utilisateurs.

La véritable question est de savoir si les régulateurs sont capables de protéger efficacement la vie privée des individus face à la soif de données des entreprises technologiques. Le cas OKCupid est un signal d'alarme, une illustration du chemin que nous devons éviter si nous voulons préserver la confiance des utilisateurs dans le monde numérique.