Les vélos électriques explosent : l'électro-mobilité redessine nos villes

De 200 000 à 6 millions d'unités vendues en 17 ans : la montée en puissance des vélos électriques est fulgurante. Cette transformation, portée par des innovations technologiques et des mutations sociales, redessine profondément nos modes de déplacement urbain.

Un bond technologique : l'arrivée du moteur central en 2011

L'électro-milité n'est plus une simple adaptation du vélo traditionnel. Le véritable tournant s'est produit en 2011 avec le lancement du premier moteur central par Bosch. Yamaha et Shimano ont rapidement suivi, transformant l'expérience de conduite. Fini les sensations de pédalage forcées, place à une assistance douce et progressive.

Cette évolution a catalysé l'émergence de nouvelles marques. Si VanMoof (fondée en 2009) a amorcé la révolution, c'est entre 2018 et 2021 que les acteurs majeurs ont vu le jour : Cowboy (Belgique), ADO et Fiido (Chine), et Tenways (Chine-Pays-Bas). La pandémie de Covid-19 a d'ailleurs accéléré cette tendance, les vélos électriques devenant une alternative attractive et sécurisée aux transports traditionnels, notamment dans les zones à forte densité de population et aux problèmes de circulation.

Un marché en pleine mutation

Un marché en pleine mutation

Le marché actuel se caractérise par une dualité : d'un côté, les marques établies comme Orbea, Specialized, Scott, Trek et Cannondale, qui intègrent les vélos électriques dans leurs gammes, adaptant leurs produits à tous les usages, de l'usage urbain au sport. De l'autre, une multitude de startups, certaines ayant connu des difficultés financières (VanMoof en est un exemple emblématique), mais d'autres, comme Fiido (4,3/5 sur Trustpilot) et ADO (4,1), qui séduisent par leur rapport qualité-prix. Tenways (3,6) se positionne même comme une alternative plus performante et moins coûteuse que les marques européennes.

“L’e-bike bénéficie non seulement à ceux qui avaient des difficultés de mobilité, mais aussi aux cyclistes habitués qui souhaitent continuer à profiter du vélo à un âge plus avancé”, explique Víctor Leda, associé au Taller de Bicicletas à Séville.

Les défis de la vente et de l

Les défis de la vente et de l'infrastructure

La vente directe en ligne gagne du terrain, obligeant les ateliers traditionnels à se former aux spécificités techniques des marques. Une formation que toutes ne proposent pas. Manuel Carrión, responsable des ventes chez Las Bicis Naranjas (Cádiz), souligne que cela peut laisser les clients vulnérables en cas de panne. Il observe aussi une convergence avec le marché des trottinettes électriques, dont la réglementation se durcit, et des motos de 125 cm³, dont le coût s'approche désormais de celui d'un bon vélo électrique.

L'avenir de l'électro-mobilité dépendra de la capacité des pouvoirs publics à développer les infrastructures : création de pistes cyclables sécurisées et de parkings dédiés (les vols sont fréquents), ainsi qu'au développement des services de vélos en libre-service. La législation sur les vélos en libre-service, qu'il s'agisse de flottes municipales ou de partenariats avec des entreprises privées, sera un facteur déterminant.

Le vélo électrique ne va pas disparaître. Il s'impose comme une solution de mobilité viable, voire supérieure à la voiture, dans de nombreuses villes. La question n'est plus de savoir s'il va se développer, mais comment gérer cette explosion dans un cadre urbain souvent dépassé.

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