Le bayraktar kizilelma, le drone turc qui tue en pleine volée

La Turquie a récemment démontré que les drones de combat pourraient bientôt rivaliser avec les chasseurs conventionnels. L'armée turque a mené une série d'essais avec le Bayraktar Kizilelma, un appareil emblématique de la nouvelle génération de drones de combat, les UCAV (Unmanned Combat Aerial Vehicles). Durant ces tests, le Bayraktar Kizilelma a réussi à détecter, poursuivre et détruire un objectif en vol à grande vitesse.

Un drone qui se veut un chasseur

Un drone qui se veut un chasseur

Le Bayraktar Kizilelma fait partie d'une nouvelle classe de drones conçus pour mener des missions plus complexes que les systèmes de surveillance ou les attaques précises. L'objectif est de créer une aéronef capable d'opérer comme un chasseur, mais sans pilote à bord. Cela implique l'intégration de technologies que, jusqu'à récemment, étaient réservées à l'aviation militaire équipée.

Le Kizilelma est équipé de capteurs avancés, d'intelligence artificielle pour l'assistance au vol et de la capacité de transporter un armement air-air et air-terre. Il a également un aspect stratégique, car la Turquie a longtemps cherché à renforcer son industrie de défense en développant ses propres projets pour réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers, en particulier pour les systèmes critiques tels que les radars, les moteurs ou les missiles.

La preuve qui a marqué un point tournant

Pendant l'essai qui a suscité des titres dans le monde entier, le drone turc a affronté un scénario conçu pour mettre à l'épreuve ses capacités. L'objectif était un équipement capable de simuler le comportement d'un avion ou d'un missile et de voler à des vitesses supersoniques, ainsi que de le suivre en temps réel et de calculer le moment précis pour lancer un missile, ce qui est encore plus compliqué. Finalement, le drone a réussi à identifier l'objectif avec son radar, à le maintenir en poursuite tout en manœuvrant et à calculer la trajectoire d'interception. Puis il a lancé un missile air-air qui a touché l'objectif en plein vol.

En termes techniques, l'exercice reproduit l'une des missions les plus exigeantes de la guerre aérienne moderne, à savoir l'interception d'objectifs à haute vitesse. Il convient de noter que pour y parvenir, le drone utilise des technologies qui sont en général réservées aux chasseurs modernes. L'un des éléments clés est le radar AESA développé par l'entreprise turque Aselsan. Ce type de radar utilise des multiples modules d'émission permettant de scanner l'espace aérien avec rapidité et de suivre plusieurs objectifs simultanément. De plus, il est plus résistant aux interférences et offre une précision accrue dans la détection. L'autre composante essentielle est l'armement utilisé, à savoir le missile Gökdoğan, un projectile guidé par radar air-air. Ces technologies sont habituelles dans les chasseurs tels que le F-16 ou le F-35. Ce qui est novateur, c'est de les voir intégrées dans une plateforme non pilotée capable de fonctionner de manière autonome ou sous supervision à distance.

La vitesse supersonique n'est pas un jeu d'enfants

Intercepter un objectif supersonique est un problème complexe de physique et de calcul. Lorsqu'un avion ou un missile vole à des vitesses supérieures au son, sa position change rapidement. Pour l'intercepter, le système doit calculer avec précision où sera l'objectif dans le futur, non où il est en ce moment. Cela nécessite des capteurs extrêmement précis, des ordinateurs capables de traiter les données en temps réel et une coordination parfaite entre le radar, l'ordinateur de bord et le missile. Un petit erreur dans les calculs peut faire que le missile rate son objectif à plusieurs kilomètres de distance. Pour cette raison, ces missions sont généralement confiées à des pilotes expérimentés opérant des chasseurs de haute technologie. Que le drone puisse mener ce processus de manière automatique montre jusqu'à quel point l'électronique et les systèmes de commande ont évolué ces dernières années.