La vente de suse, l'unique bastion européen de l'informatique ouverte, suscite l'inquiétude
La vente éventuelle de SUSE, l'entreprise allemande spécialisée dans le système d'exploitation Linux empresarial, inquiète les responsables politiques et les acteurs économiques européens.

La propriété numérique, un enjeu stratégique pour l'europe
SUSE, qui compte parmi ses clients des banques, des gouvernements et des grandes entreprises, est considérée comme l'unique bastion européen de l'informatique ouverte. Née en Allemagne, l'entreprise a aujourd'hui sa siège à Luxembourg et fait partie du groupe d'investissement EQT, basé en Suède.
Cependant, EQT a manifesté son intention de vendre SUSE, ce qui suscite des inquiétudes quant à la perte de cette indépendance numérique européenne. Le prix demandé, de 6 milliards de dollars, est considéré comme trop élevé, ce qui rend la vente peu attrayante pour les fonds d'investissement européens.
En cas de vente à des acteurs américains ou asiatiques, il y a crainte de la présence de backdoors ou de portes dérobées, obligeant les entreprises à partager des données avec leurs gouvernements. Si le rachat échoit à des acteurs chinois, cela soulève des inquiétudes quant à l'influence potentielle de la Chine sur les systèmes d'information européens.
Canonical, l'entreprise derrière Ubuntu, est souvent citée comme alternative européenne mais elle a des limites, notamment en termes de support pour les serveurs. SUSE, quant à elle, est open source pur et son code est donc disponible gratuitement à tous.