Ia : la révolution attendra, selon les pdg
Les dirigeants d'entreprises remettent en question l'emballement autour de l'intelligence artificielle générative. Un rapport de KPMG US révèle que l'IA, bien que largement investie, pourrait avoir été surestimée, et son véritable impact se fera sentir sur 5 à 10 ans.
La prudence des dirigeants face à l'ia : entre opportunités et défis
Après des mois de discours enflammés, l'intelligence artificielle (IA) générative semble entrer dans une phase de maturation. Selon une enquête de KPMG US auprès de 100 PDG américains réalisée entre fin janvier et mi-février, 75 % des dirigeants estiment que le potentiel disruptif de cette Technologie est sous-estimé, alors que 25 % pensent qu'elle a été surévaluée l'année précédente.
« Le sentiment autour du déploiement de l'IA s'accélère », souligne Tim Walsh, président de KPMG US. Les entreprises passent des phases d'expérimentation à des déploiements concrets. Les investissements s'orientent vers ce qu'il qualifie d'« environnement de disruption ». Microsoft, par exemple, s'appuie sur Claude d'Anthropic pour renforcer l'utilisation des agents IA au sein de ses bureaux.
Pourtant, cette dynamique ne masque pas les préoccupations. Si près de la moitié des dirigeants prévoient un recrutement modeste ou significatif, seulement 9 % anticipent des suppressions d'emplois. Cependant, six dirigeants sur dix craignent de ne pas trouver les talents techniques nécessaires. Un défi majeur pour l'avenir.
L'IA est perçue comme un catalyseur de changements. Elle permet aux employés de « faire les choses plus efficacement, en faisant davantage et plus rapidement », selon M. Walsh. Mais cela soulève des questions sur l'évolution des compétences et la possibilité pour les jeunes talents de développer leur jugement par l'expérience. L'exagération de la dépendance à l'IA dans la prise de décision inquiète également, tout comme la diminution de l'exposition à l'ambiguïté.
Cybersécurité : une inquiétude croissante
Les craintes liées à la cybersécurité sont particulièrement vives. Neuf dirigeants sur dix sont préoccupés par les risques liés aux agents IA et aux attaques de logiciels malveillants assistés par IA. Le phishing alimenté par l'IA et les menaces internes sont également sources d'inquiétude. L'érosion des systèmes de chiffrement face à la puissance de l'informatique quantique est une autre source de nervosité.
Malgré ces défis, l'appétit pour les acquisitions reste fort. Près de deux tiers des dirigeants envisagent sérieusement des transactions en 2026, et un quart attend 2027. Les transactions de grande envergure se sont redressées ces derniers mois, et les transactions de taille moyenne connaissent une hausse. Mais l'incertitude politique – tarifs douaniers, taux d'intérêt et réglementations – reste un frein pour certains.
En fin de compte, l'IA ne sera pas une simple révolution technologique. Elle remodèle les équilibres économiques et pose des questions fondamentales sur le travail de demain. Les entreprises doivent naviguer dans un paysage complexe, où l'innovation et la sécurité doivent aller de pair. Le futur ne se prépare pas seul.