Guerre de l'ia : desantis, sanders et hawley s'unissent contre les géants du numérique
Dans un rare rapprochement politique, Ron DeSantis, Josh Hawley, Bernie Sanders et Elizabeth Warren s’allient pour freiner la croissance des centres de données d'intelligence artificielle. Cette alliance surprend, mais elle témoigne d’une inquiétude grandissante face à l'impact environnemental et économique de cette infrastructure en plein essor.
L'essor des centres de données alimentant l'IA, des entreprises pharmaceutiques à l'intelligence artificielle conversationnelle, suscite de plus en plus de critiques. Face à cette vague d'opposition, ces personnalités, souvent opposées sur de nombreux points, se retrouvent pour exiger une régulation des géants technologiques.
Des villes en première ligne
New York a récemment proposé une moratoire de trois ans sur la construction de nouveaux centres de données, une initiative saluée par la sénatrice de l'État Liz Krueger. La situation est similaire dans plusieurs États, comme la Géorgie, le Maryland et l’Oklahoma, qui ont introduit des projets de loi visant à stopper l'expansion de ces infrastructures.
Les coûts énergétiques, qui ont grimpé de 267% dans les zones proches des centres de données, sont au cœur des préoccupations locales. « Les gens sont exaspérés par les coûts », explique Eli Yokley, analyste politique de Morning Consult. Les élus locaux, souvent confrontés à la colère de leurs électeurs, voient dans cette question un enjeu majeur pour leur réélection. En Virginie, par exemple, un opposant local a déjoué les plans du gouverneur en 2023, alimentant un débat sur la rentabilité de ces infrastructures.
L'opposition ne se limite pas aux préoccupations environnementales et économiques. Les craintes liées à l'impact de l'IA sur l'emploi et la désinformation, avec l'essor des deepfakes, alimentent également le mécontentement. Si la construction de ces centres crée des emplois temporaires, le maintien des infrastructures nécessite une main-d'œuvre beaucoup plus réduite, soulignant un paradoxe.

Une bataille budgétaire
Les États tentent de faire assumer aux entreprises technologiques une part plus importante des coûts liés à ces infrastructures. Ron DeSantis a annoncé une proposition visant à transférer ces charges des consommateurs aux entreprises, tout en bloquant les subventions fiscales. Cette stratégie se veut un moyen de protéger les ressources en eau locales et de donner aux collectivités le pouvoir de bloquer les projets qu'elles jugent préjudiciables.
Des législateurs républicains et démocrates ont récemment introduit une première législation bipartite au Congrès pour limiter la hausse des tarifs énergétiques. À Vermont, Virginia et New York, les élus démocrates mènent la pression pour une moratoire. Les lois proposées en Maryland et Oklahoma proviennent des républicains. La législation en Géorgie, avec des soutiens des deux partis, illustre cette convergence inhabituelle.
Alors que les élections de mi-mandat approchent, la question des centres de données pourrait devenir un enjeu politique majeur. Les candidats, qu'ils soient démocrates ou républicains, devront se positionner sur cette problématique, capable de mobiliser les électeurs et de façonner l'avenir de l'innovation technologique. Les entreprises technologiques, autrefois privilégiées par les élus, se retrouvent désormais face à un défi budgétaire et politique considérable. Elles devront démontrer qu'elles peuvent contribuer à un développement responsable de l'IA, au-delà de la simple recherche de profits.