Exode des riches : le massachusetts voit ses millionnaires s'envoler avec 4,2 milliards de dollars
Les fortunes s'envolent. En 2023, les résidents quittant le Massachusetts ont emporté avec eux 4,2 milliards de dollars de revenus bruts ajustés nets, un chiffre alarmant qui souligne l'impact du nouvel impôt sur les millionnaires. Cette fuite de capitaux, bien que modérée par rapport aux années précédentes, révèle une tendance inquiétante pour l'économie de l'État.

L'impôt sur les hauts revenus, un catalyseur de départs ?
L'adoption en 2022 d'un impôt de 4 % sur les revenus supérieurs à 1 million de dollars a coïncidé avec une augmentation de 8 % des sorties nettes de capitaux. Si le nombre de contribuables quittant l'état a ralenti, ceux qui sont partis étaient, en moyenne, plus riches. Les données du IRS montrent que les personnes gagnant 200 000 dollars ou plus ont représenté 70 % des 4,2 milliards de dollars emportés, un chiffre plus du double de celui de 2019.
Cette situation n'est pas nouvelle. Les sorties de capitaux du Massachusetts précèdent l'impôt sur les millionnaires, attirées notamment par des États voisins comme la Floride et le New Hampshire, qui ne taxent pas les revenus du travail ni les plus-values. Mais la tendance s'est accélérée. La collecte de l'impôt sur les millionnaires a augmenté de 19 % en 2026, atteignant 1,3 milliard de dollars, ce qui démontre que les revenus des très hauts revenus restent importants.
Les défenseurs de l'impôt, comme le Massachusetts Budget and Policy Center, saluent ces revenus supplémentaires, qui permettent de financer les écoles et les transports. Cependant, d'autres sont plus critiques. Le Pioneer Institute, un centre d'études basé à Boston, plaide pour une réduction de l'impôt sur le revenu, estimant que cela permettrait de retrouver une compétitivité économique perdue. Une proposition vise à abaisser l'impôt sur le revenu de l'État de 5 % à 4 %, tandis qu'une autre limiterait l'augmentation annuelle des recettes de l'État.
La gouverneure Maura Healey et d'autres élus ont vivement critiqué cette proposition de réduction, arguant qu'elle entraînerait un déficit budgétaire important. Mais la réalité est que les hauts revenus, historiquement, ont toujours été les premiers à chercher des terrains plus fertiles. Cette fuite de capitaux, bien que pas catastrophique, est un symptôme d'un malaise plus profond dans la politique fiscale de l'État. Et les chiffres, eux, ne mentent pas.