Espagne : le gouvernement sanctionne les marchés de prédiction polymarket et kalshi
Le ministère de la Transition Économique et de la Cohésion des Risques a pris des mesures énergiques en ciblant deux plateformes de prédiction, Polymarket et Kalshi, en raison d’un non-respect flagrant des réglementations en vigueur.
Un arbitrage réglementaire en pleine mutation
L’État français, via la Direction Générale de l’Ordre des Jeux (DGOJ), a officiellement ouvert une procédure de sanction contre ces opérateurs, les accusant d’opérer illégalement sur le territoire national. Il s’agit d’une nouvelle étape dans la volonté du gouvernement Sánchez de maîtriser ce secteur en pleine expansion, qui a suscité un intérêt considérable suite aux dernières élections américaines et à la prolifération des paris liés à la politique et à l’économie.
L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encadrer les marchés de prédiction, souvent décrits comme des « casinos numériques ». Ces plateformes, qui fonctionnent sur le principe de l’achat et de la vente de parts liées à l’issue d’événements futurs – de scrutins aux fluctuations boursières, en passant par les événements sportifs et même les phénomènes météorologiques – représentent un défi réglementaire inédit.
La DGOJ a ordonné le blocage immédiat des sites web des deux entreprises, une mesure d’urgence qui témoigne de la gravité de la situation. La notification, publiée au Journal Officiel de l’État après des tentatives infructueuses de sommation directe auprès des sociétés à leurs domiciles à l’étranger, souligne l’importance de garantir le respect de la législation.

Les risques de l’absence de contrôle
Le ministère met en garde contre les dangers liés à l’exploitation de ces marchés sans licence. Il s’agit non seulement de garantir la sécurité des utilisateurs, notamment la protection des mineurs et des personnes vulnérables, mais aussi d’assurer la conformité avec les normes de supervision en vigueur. Il est crucial de mettre en place des systèmes de vérification d’identité robustes et des mécanismes de contrôle d’accès rigoureux.
L’argument central réside dans le fait que ces marchés de prédiction, bien que fonctionnant différemment des jeux d’argent traditionnels – les utilisateurs interagissent entre eux plutôt que directement avec une plateforme – sont considérés comme des jeux de hasard par la DGOJ, conformément à d’autres juridictions européennes. L'absence de licence administrative spécifique constitue une infraction à la réglementation.
Cette action gouvernementale marque un tournant dans la régulation de ces plateformes, qui attirent déjà l’attention des investisseurs et des entreprises technologiques, et qui brouillent les frontières entre les paris, les marchés financiers et l’agrégation d’informations probables. Il est clair que la course à l'innovation ne doit pas se faire au détriment de la protection des consommateurs et de la sécurité financière.