Cybersécurité : l'ia face aux cyberattaques, un combat qui s’intensifie

Royal Hansen, pionnier du hacking des années 90, aujourd'hui à la tête de la sécurité chez Google, alerte sur une nouvelle donne dans la guerre numérique. Il ne sous-estime rien.

L0pht et l'ia : une évolution inattendue

Avant de sécuriser les infrastructures de Google, Hansen a marqué l'histoire comme l'un des figures emblématiques de L0pht, un collectif de hackers influent. Il se souvient de l’époque où la sécurité numérique était une notion embryonnaire pour les institutions financières. Robert Redford, dans Les Flingons, était son modèle culturel. « C'était le moyen le plus simple d'expliquer à un banquier ce que nous faisions, car la notion de sécurité était nouvelle », confie-t-il dans une interview exclusive à Business Insider España.

Aujourd'hui, l’intelligence artificielle redéfinit les contours de cette lutte. Hansen insiste sur la nécessité de ne pas craindre l'IA, mais de l'embrasser pour se défendre. « Pour vaincre les méchants, il faut oser explorer, apprendre et utiliser l'IA. »

L

L'ia, un allié ambivalent

L'intégration de l'IA en cybersécurité n'est pas récente. Google a commencé à l'exploiter il y a plus de dix ans, dès l'acquisition de DeepMind, pour lutter contre le phishing et le spam dans Gmail. « Chaque jour, 300 milliards de courriels circulent sur internet, dont 170 milliards sont du spam ou des tentatives de phishing. Il est impossible de tout examiner manuellement. » L'IA devient alors un impératif.

Cette évolution a modifié la stratégie. L'accent est mis sur la définition de protections robustes plutôt que sur le contrôle minutieux de chaque étape du système. « On met des garde-fous, des limites de sécurité. On assume que tant que le système reste dans ces marges, il ne sera pas dangereux. »

Google développe des projets comme Big Sleep, qui détecte les vulnérabilités pendant que l'on dort, et Code Mender, qui génère des correctifs. Un cycle continu de découverte et de correction des failles, une véritable accélération.

Le risque croissant de l

Le risque croissant de l'ia mal utilisée

Hansen compare la situation à celle des premiers utilisateurs d'internet ou des téléphones mobiles. « Il faut apprendre à maîtriser l'IA. Elle ne fera pas le travail à votre place. » Le risque, selon lui, est que le nombre d'attaquants utilisant l'IA dépasse celui des défenseurs. « C'est un peu inquiétant, même si le nombre de personnes réellement mal intentionnées est limité. »

Les motivations des attaquants restent classiques : le gain financier via les ransomwares, qui bloquent les systèmes et exigent une rançon en cryptomonnaie, ou le défi, la satisfaction de percer une vulnérabilité. « C'est un peu comme un jeu : démolir parce qu'on peut, voler parce qu'on peut. » Cette mentalité, Hansen la retrouve chez les premiers hackers, passionnés par l'exploration et la compréhension des systèmes.

Google recrute d'ailleurs des