Crise pétrolière : le jet fuel menacé, les marchés déjouent les attentes

La guerre en Iran a déclenché une onde de choc sans précédent sur les marchés mondiaux, exacerbant une vulnérabilité latente des chaînes d’approvisionnement vitales. L’huile de pétrole, les engrais, même les sous-produits industriels comme le CO2… tous sont désormais pris dans une tempête géopolitique d’une ampleur inédite.

Le jet fuel, première pression

L’inquiétude monte en Europe, où l’Association Internationale de l’Énergie (AIE) signale un risque de rupture d’approvisionnement en kérosène – le « jet fuel » – pour la fin du mois de mai. Pourtant, les écrans des négociants ne reflètent pas cette urgence. Les volumes d’ordres, les transactions se poursuivent, mais une angoisse sourde se répand parmi les acteurs du marché.

Le moment clé est avril, date de règlement des contrats pétroliers passés en début de conflit. Généralement, la prime physique – le coût additionnel du transport – est prise en compte, mais aujourd’hui, elle est imprégnée d’une dimension géopolitique et militaire. Le risque d’attaques sur les navires et la perte de la précieuse cargaison ajoutent une couche de tension considérable.

Ormuz : le point de bascule ?

Ormuz : le point de bascule ?

L’AIE a même évoqué des contrats de livraison physique de pétrole brut à 150 dollars, une indication claire d’un déséquilibre significatif dû à la menace de perturbation des approvisionnements. La référence implicite à la fermeture du détroit d’Ormuz témoigne d’un niveau de méfiance accru entre les investisseurs et les marchés financiers.

Si, jusqu’à présent, les échanges entre l’Iran et ses partenaires se sont poursuivis grâce au paiement en cryptomonnaies – jusqu’à un dollar par ব্যারel transporté – le déploiement de la frégate américaine et l’attaque documentée d’un pétrolier commercial mettent fin à ce subterfuge. Les agences Reuters, Bloomberg et Kpler observent, avec une attention particulière, la situation à Ormuz, où le trafic reste limité, cantonnée à quelques dizaines de navires.

La chine et l’inde sous pression

La chine et l’inde sous pression

Cette restriction de l’approvisionnement du Golfe Péridique à l’Asie a forcé les grandes raffineries chinoises et indiennes à réduire leur production, faisant grimper les prix du diesel et, surtout, le prix du carburant pour avions. Le jet fuel s’affiche à près de 210 dollars en Asie, 200 dollars au Moyen-Orient et 190 dollars en Europe – une augmentation spectaculaire par rapport aux chiffres de 2022, après la guerre en Ukraine.

Les chiffres de la patronale aéronautique IAT révèlent une différence saisissante : le prix du jet fuel est plus du double de celui de l’année dernière à la même époque. Autre paradoxe : aux États-Unis, au Canada, le carburant pour avions reste, pour l’instant, nettement moins cher, à 166 dollars le ব্যারel.

Un contexte exacerbé

Un contexte exacerbé

Face à cette situation, les prix ont dépassé les sommets atteints en 2022 suite aux sanctions contre la Russie, un autre acteur majeur de l’approvisionnement mondial. Mais la particularité aujourd’hui réside dans la possibilité de non-respect des contrats, soulignée par l’AIE. Une réalité complexe, loin d’être maîtrisée par les marchés financiers.