Crise énergétique : l'espagne face au choc post-iránien

Il y a deux semaines, le prix du diésel en Espagne affichait autour de 1,2 euro le litre. Aujourd'hui, il dépasse les 1,7 euro, une envolée de près de 40 %. Une flambée qui frappe durement les ménages et les entreprises, et qui révèle une gestion gouvernementale jugée trop lente.

L'inertie de sánchez face à la flambée des prix

L’augmentation du prix des carburants, mais aussi de l’énergie et de certains produits de première nécessité, a créé un sentiment d'inquiétude palpable. L'analyste d'ING soulignait déjà la perte de pouvoir d'achat, et cette situation risque de s'aggraver. La réponse du gouvernement de Pedro Sánchez est critiquée pour son manque d'audace. Alors que les ministres évoquent le « non à la guerre », les mesures concrètes restent maigres. La mise en place de la ferramenta numérique "Hodio" pour lutter contre le hate en ligne ne comble absolument pas le vide laissé par l'absence de soutien financier aux usagers.

La situation est d'autant plus délicate que l'Espagne est fortement dépendante des énergies fossiles importées, malgré les discours sur l'autonomie grâce aux énergies renouvelables. Le gouvernement a privilégié un discours de «wait and see», une stratégie risquée face à l'urgence. Contenir l'inflation doit être la priorité absolue, même si cela implique de renoncer à une partie des recettes fiscales attendues.

Il est impératif d'agir avec plus de détermination et de pragmatisme. Un soutien ciblé aux secteurs les plus touchés – les indépendants, les entreprises de transport, l'agriculture – est nécessaire pour éviter un effondrement économique. L'objectif n’est pas de freiner la consommation, mais de protéger les acteurs économiques face à une crise qui pourrait bien s'étendre. Le risque est de répéter les erreurs de 2022, lorsque la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine a frappé le pays sans préparation.

L'Espagne doit se montrer plus proactive et moins attachée à l'image d'une stabilité qui ne peut plus être garantie. La crise actuelle exige des décisions fortes, même impopulaires.