Crise énergétique : les marchés en alerte face aux tensions géopolitiques
Les marchés financiers traversent une nouvelle semaine de turbulence, les actions globales chutant pour une troisième semaine consécutive, la plus longue depuis un an. La crainte d'une escalade du conflit entre l'Iran et les États-Unis, exacerbée par les efforts diplomatiques pour apaiser les tensions, a alimenté une volatilité persistante. Le cours du pétrole a également subi une forte baisse.
La guerre en moyen-orient relance les craintes d'une crise économique majeure
L'indice MSCI All Country World a reculé de 0,4% sur la semaine, tandis que les futures sur le S&P 500 flottaient dans l'attente de la publication de nombreux contrats à terme expirant vendredi. Les marchés européens ont rebondi de 0,7% après la baisse du jeudi, alors que des attaques à l'encontre d'installations énergétiques au Moyen-Orient ont ravivé les inquiétudes concernant l'impact économique prolongé du conflit. Le secteur pétrolier a été particulièrement touché, avec une chute du baril de Brent, qui a effacé les gains enregistrés depuis juillet 2022 pour se situer autour de 108 dollars.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé que son pays ne mènerait plus d'attaques contre l'infrastructure énergétique iranienne, tout en prédisant une résolution rapide du conflit. Parallèlement, le président Donald Trump a déclaré qu'il n'enverrait pas de troupes au sol en réponse à la situation. Cependant, Hebe Chen, analyste sénior de marché chez Vantage Global Prime, souligne que cette situation n'est qu'un répit fragile. La perturbation de la chaîne d'approvisionnement énergétique a déjà entraîné une flambée des prix de l'essence et du kérosène, avec des pénuries de gaz pour la cuisson dans des pays comme l'Inde.
Les craintes d'une crise inflationniste mondiale ont compliqué les décisions des banques centrales. Les investisseurs se positionnent sur des taux d'intérêt plus élevés, entraînant une hausse des rendements des obligations. Les rendements des obligations australiennes ont atteint leur plus haut niveau en 15 ans, tandis que ceux de la Nouvelle-Zélande sont au plus haut depuis un an. Le Conseil de Gouvernance du BCE se prépare à une hausse des taux le mois prochain si la pression inflationniste s'intensifie. Le Banco de Inglaterra, quant à lui, a augmenté son taux directeur de 31 points de base pour atteindre 4,40%.
Le métal précieux, considéré comme une valeur refuge, poursuit sa chute, enregistrant sa plus forte baisse hebdomadaire depuis six ans. L'administration américaine cherche à assouplir les sanctions sur le pétrole iranien pour tenter de maîtriser la hausse des prix de l'énergie. L'exportation de pétrole et de gaz ne sera pas interdite, selon un fonctionnaire de la Maison Blanche. Les États-Unis et Israël, avec d'autres pays, cherchent à gérer les risques liés à l'expansion des conséquences énergétiques du conflit. La situation, bien que légèrement plus prometteuse pour les États-Unis, reste en constante évolution.
Le dollar a gagné 0,2% face à l'euro, après une baisse de 0,7% la veille. La roupie indienne a atteint un nouveau plus bas historique, descendue en dessous de 93 roupies pour un dollar. L'analyste Nick Twidale, chez Van Eck Associates Corp, anticipe que le dollar pourrait poursuivre sa progression, évoquant un contexte de guerre en Moyen-Orient et de politique monétaire restrictive de la Réserve Fédérale.
La situation est complexe. Les marchés observent attentivement chaque nouvelle, chaque déclaration, chaque mouvement de troupes. Le risque d'une escalade reste présent, et les conséquences économiques pourraient être durables. La guerre d'Iran, loin d'être un épisode isolé, est en train de remodeler l'économie mondiale.