Crise des fonds de crédit privé : morgan stanley en chute libre
Les actions de Morgan Stanley ont chuté de 5 % ce jeudi, atteignant leur plus bas niveau depuis le 14 octobre, après que la banque ait limité les retraits de son fonds de crédit privé multimilliardaire. La décision a déclenché une vague de ventes dans le secteur, affectant également d'autres grands gestionnaires d'actifs.

Les retraits massifs révèlent des fragilités dans le secteur
La situation met en lumière les vulnérabilités des fonds de crédit privé face à une demande de liquidités croissante. Les investisseurs, inquiets de la qualité des prêts, notamment ceux accordés aux entreprises de logiciels confrontées à la concurrence de l'intelligence artificielle, cherchent à récupérer leur argent. Morgan Stanley n'est pas le seul : Cliffwater LLC a également limité les retraits de son fonds phare au 7 % des parts au premier trimestre, suite à un record de 14 % de demandes de retrait.
« Le marché vend d'abord et se pose des questions ensuite », explique Herman Chan, analyste de Bloomberg Intelligence. Cette aversion au risque s'étend à l'ensemble du secteur financier, avec des actions de prestataires de paiements et de gestionnaires d'actifs en baisse.
La récente communication de Blue Owl Capital Inc. concernant l'absence de garanties sur une vente de prêts de 1 400 millions de dollars n'a pas aidé. L'action de la société a chuté de près de 5 % avant de se redresser légèrement.
La tension s'intensifie alors que les craintes liées à la guerre en Iran alimentent de nouvelles inquiétudes quant à l'approvisionnement énergétique et à l'inflation. Le marché, déjà fragile, réagit avec une nervosité palpable. La valeur des fonds North Haven Private Income de Morgan Stanley, s'élevant à près de 8 milliards de dollars d'actifs, a dû renvoyer environ 169 millions de dollars, moins de la moitié des demandes des investisseurs.
Cette situation, bien que concentrée sur le crédit privé, reflète une inquiétude plus large concernant la stabilité financière. Les banques et les gestionnaires d'actifs sont confrontés à une pression croissante et à un examen minutieux de leurs pratiques. La prudence est de mise, et la tempête ne semble pas avoir atteint son apogée.
La crise des fonds de crédit privé est un symptôme d'un malaise plus profond : la fin d'une période de taux d'intérêt bas et l'arrivée d'une nouvelle réalité économique, où la vigilance est devenue une nécessité, et non une option.
Le marché, comme souvent, punit ceux qui ont pris trop de risques.
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