Chrome pour linux arm : google accélère la révolution
Enfin ! Après une attente parfois frustrante, Google a annoncé que la version officielle de Chrome pour les appareils ARM64 fonctionnant sous Linux sera disponible fin du deuxième trimestre 2026. Une nouvelle qui va réjouir de nombreux utilisateurs et ouvrir de nouvelles perspectives pour l'écosystème Linux.

Un écosystème arm en pleine expansion
Depuis plusieurs années, les systèmes embarqués et les serveurs ARM ont connu une croissance exponentielle. Des plateformes comme le Raspberry Pi 5, les serveurs cloud AWS Graviton ou les prochains ordinateurs portables de Qualcomm, Nvidia et MediaTek, conçus pour concurrencer Intel et AMD, sont autant d’indicateurs de cette tendance. Mais l’adoption de Linux sur ARM ne se limite pas à ces niches.
Les entreprises utilisent déjà ARM pour réduire la consommation d'énergie et améliorer la scalabilité de leurs serveurs (AWS, Google Cloud, Azure). Les marques comme Dell, Lenovo et Framework proposent des ordinateurs portables sous Linux, bien que pour l’instant, ces derniers fonctionnent sur des architectures x86. Le passage à ARM, lui, s’annonce comme une progression rapide.
Pour ceux qui utilisent déjà Chromium sur ARM, les bénéfices seront substantiels : synchronisation native avec le compte Google, décodage de contenus multimédias de haute qualité (Netflix, Spotify), accès sans problème aux extensions (Google Translate, gestionnaire de mots de passe) et mises à jour plus rapides.
Google poursuit ainsi une stratégie déjà amorcée avec le lancement de Chrome sur macOS ARM (M1) en 2020, puis sur Windows on ARM en 2024 (Snapdragon X). La prise en charge de Linux sur ARM vient compléter ce cercle vertueux.
Cette décision intervient à un moment propice. Qualcomm avait déjà exprimé son intérêt pour d'autres systèmes d'exploitation que Windows pour ses puces PC, et Nvidia devrait présenter ses processeurs N1 et N1X (conçus pour les ordinateurs portables) lors du GTC 2026, initialement avec Windows, mais avec Linux à l'horizon. Sans une version officielle de Chrome, ces machines restaient potentiellement sous-exploitées.
Linux 7.0, la dernière version, n’a pas convaincu Linus Torvalds, le créateur du noyau Linux, qui a exprimé ses inquiétudes. Et pour cause : Linux sur ARM n’est plus un simple projet de passionnés, mais une réalité économique et technique.
La décision de Google est un signal fort. Elle confirme que l'écosystème ARM est prêt à accueillir une version complète de Chrome, et que les utilisateurs peuvent s'attendre à une expérience utilisateur optimisée. Et cela, c'est un pas de géant pour la portabilité du web.
La concurrence s’annonce rude – et bénéfique – pour les fabricants de puces et les développeurs de logiciels. Le véritable défi ne réside plus dans la faisabilité technique, mais dans la capacité à proposer des applications adaptées à cette nouvelle architecture. L’avenir du web pourrait bien être ARM.