Chine : la vitesse du futur, ou la douce léthargie de l'application ?
Shenzhen, une ville qui déboule sur le devant de la scène technologique comme une tornade, mais avec une étrange ambivalence. Lors de mes récentes explorations, l'impression persistante est restée celle d'une progression fulgurante, mais aussi d'une certaine passivité, d'une volonté d'appliquer la technologie sans forcément la comprendre.
Une course effrénée, sans forcément gagner ?
L'observation de la chine, et plus particulièrement de Shenzhen, me confronte à une question fondamentale : confondons-nous l'évolution avec la paresse ? Les États-Unis, avec Amazon, Google et Meta, semblent privilégier l'innovation véritable, tandis que la chine se contente d'appliquer les solutions existantes à un nombre croissant de contextes. C'est une différence subtile, mais déterminante.
L'affirmation de la politique internationale, et notamment celle du Pentagone, selon laquelle l'Amérique est le berceau du futur, est tentante. Cependant, elle masque une réalité : la chine, loin de se contenter de copier, opère à une échelle et avec une rapidité que l'Occident peine à égaler. Il y a moins de feux d'artifice, certes, mais aussi une concentration sur des résultats concrets.

Des innovations pragmatiques, un utilisateur averti
Prenons l'exemple de la prohibition d'utiliser l'IA pour licencier un employé, une mesure courageuse qui témoigne d'une approche plus humaine de l'automatisation. Les taxis autonomes, bien que confrontés à des défis en termes de sécurité et de fiabilité aux États-Unis, sont déjà largement acceptés en Chine. Cette différence d'attitude souligne une culture d'adoption plus rapide et plus pragmatique.
L'expérience Shenzhen est saisissante. Se déplacer en voiture autonome, ou commander de la nourriture par drone, est devenu banal. Mais ce qui frappe, c'est le coût : comparable à un trajet traditionnel, sans la promesse d'une expérience révolutionnaire. On imagine aisément la justification : éviter les conversations désagréables avec le chauffeur, ou simplement, se simplifier la vie.

Drones, surveillance et un nouveau rapport au temps
L'omniprésence des drones, utilisés pour la livraison, la surveillance et même des spectacles, témoigne d'une obsession chinoise pour cette technologie. Ces appareils, autrefois réservés aux applications militaires, ont été miniaturisés et intégrés à la vie quotidienne. Meituan, par exemple, utilise des drones pour livrer des repas dans le Talent Park de Shenzhen, une zone dédiée à l'innovation technologique. L'attente, certes, est de 30 minutes, mais le QR code et le locker offrent une solution pratique et efficace.
L'investissement colossal dans le Talent Park, s'étendant sur 770 000 mètres carrés, est un symbole de cette ambition. Là, on peut commander un voyage en taxi autonome grâce à Alipay, la plateforme de paiement dominante. La Chine semble avoir adopté la technologie non pas pour le progrès, mais pour la simplification, parfois au détriment de l'interaction humaine.

L’humain, parfois, n’a pas envie
L'utilisation de l'application