Artemis : spacex prend le relais de boeing pour la lune, un pari risqué
La mission Artemis de la NASA, visant à renvoyer des humains sur la Lune d'ici 2028, connaît un revirement majeur. La société SpaceX de Elon Musk devrait désormais assurer le transport des astronautes vers la surface lunaire, remplaçant ainsi Boeing et son cohete Space Launch System (SLS).

Un changement de cap inattendu
La décision, annoncée par la NASA, vise à accélérer le programme, freiné par les retards et les dépassements de coûts de Boeing. Le SLS, conçu pour lancer la capsule Orion de Lockheed Martin, continuera à être utilisé pour envoyer Orion en orbite terrestre. Le Starship de SpaceX, en revanche, prendra le relais pour propulser Orion vers la Lune et effectuer le retour.
Ce changement stratégique représente un coup dur pour Boeing, dont les actions ont chuté après l'annonce. Le groupe américain avait déjà subi des critiques pour les coûts exorbitants du SLS, estimé à plus de 4 milliards de dollars par lancement. L'Inspecteur général de la NASA avait d'ailleurs souligné de fortes probabilités de nouveaux retards dans le développement du cohete.
SpaceX, quant à elle, se trouve face à un défi colossal. La société a seulement deux ans pour mener à bien le développement du Starship, un engin spatial qui n'a encore jamais effectué de vol orbital complet avec équipage. Des inquiétudes persistent quant à la capacité de SpaceX à respecter ce calendrier serré, surtout après les critiques passées concernant le respect des jalons de développement.
La NASA insiste sur l'importance du SLS pour les prochaines missions Artemis, au moins jusqu'à Artemis V. Mais la capacité de propulsion d’Orion, construite en Europe, est limitée. Le plan de vol revisité inclut une modification de l'orbite lunaire. Orion ne se positionnera plus sur une orbite de halo rectiligne (NRHO) mais sur une orbite lunaire basse, plus concentrée. Cette configuration correspond mieux aux capacités du Starship.
Blue Origin, la société de Jeff Bezos, avait également été envisagée pour le module d'atterrissage lunaire. Son rôle dans le nouveau plan reste incertain. La NASA a organisé une réunion avec les acteurs clés, notamment Blue Origin et Boeing, pour discuter des détails de ce nouveau programme.
Alors que les enjeux financiers et technologiques sont considérables, ce changement de cap soulève des questions sur la viabilité du programme Artemis et sur l'avenir de la coopération spatiale entre le secteur public et le secteur privé. L’ambition de la NASA de replonger l’homme sur la Lune d'ici 2028 est-elle encore réaliste ?
La NASA s’est engagée à poursuivre le développement du SLS, mais le pari sur SpaceX pour l’atterrissage lunaire est un pari audacieux, qui pourrait bien redéfinir la course à la Lune.
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