Artemis ii : la nasa relance la course à la lune, un héritage à l'ombre de la chine

Quatre astronautes s'apprêtent à écrire un nouveau chapitre de l'exploration spatiale : le premier voyage habité vers la Lune depuis plus de cinquante ans. Alors que le programme Apollo reste un mythe, les enjeux du programme Artemis sont considérables. La NASA mise sur un retour sur la Lune, mais dans un contexte géopolitique marqué par une compétition accrue, notamment avec la Chine.

Un héritage apollo revisité

Les succès du programme Apollo sont incontestables. En huit années seulement, la NASA a réalisé le prodige de lancer le premier homme sur la Lune, dépassant les délais initiaux fixés par le président Kennedy. “Le programme Apollo continue de m'émerveiller”, témoigne Jeremy Hansen, astronaute de l'Agence Spatiale Canadienne, qui participe à Artemis II. Cependant, le programme Artemis avance à un rythme plus lent, freiné par des années d’hésitations et de changements de cap. Le lancement du nouveau lanceur spatial, le SLS (Space Launch System), a été retardé à plusieurs reprises à cause de problèmes techniques.

Si les cohésions étaient moins nombreuses en 1969, l'enjeu est désormais différent. La NASA a réorienté le programme Artemis pour le rendre plus inclusif, avec une équipage plus diversifié : une femme, une personne de couleur et un Canadien. Cette approche reflète une évolution de la société.

L'objectif principal d'Apollo était de surpasser l'Union Soviétique. Les deux nations se livraient une compétition féroce, mais les tentatives de lancement soviétiques se soldaient souvent par des explosions. Aujourd'hui, la Chine est le principal concurrent de la NASA. Elle a déjà réussi à poser des sondes robotiques sur la face cachée de la Lune et ambitionne d'envoyer des astronautes près du pôle sud lunaire d'ici 2030. Cette région est riche en glace, une ressource précieuse pour l'eau potable et le carburant.

Le programme Artemis II, prévu pour avril, est une étape cruciale. L'équipage orbitera la Lune, testant les systèmes de survie de la capsule Orion. Ce vol sera plus long que celui d'Apollo 8, la mission la plus audacieuse de l'histoire, qui a permis aux premiers humains de faire le tour de la Lune en 1968. L'équipage d'Artemis II, lui, passera plusieurs jours en orbite terrestre pour s’assurer du bon fonctionnement de l’engin avant de se diriger vers la Lune.

L’exploration de la Lune ne se limite pas à la compétition. La NASA envisage désormais une présence humaine durable, avec des habitats, des véhicules explorateurs et des centrales électriques. Le programme vise à établir une base lunaire permanente d'ici les dix prochaines années, avec une première présence humaine d'une semaine. C'est un défi colossal, mais pas une folie. L'investissement de 20 milliards de dollars sur sept ans témoigne de cette ambition. Le premier jour d’une base lunaire ne ressemblera pas à une ville vitrée comme on l’imagine souvent.

L'équipage d'Artemis II, dont fait partie la commander Charlie Blackwell-Thompson, s'apprête à écrire l'histoire. Leur mission ne se limite pas à une simple exploration ; elle représente une étape fondamentale pour l'avenir de l'humanité dans l'espace.