Jours de 35 heures dans la fonction publique : l'accord se profile, mais les tensions persistent
Après des semaines de blocage, le ministère de la Fonction publique a relancé les négociations avec les syndicats pour l'instauration définitive de la semaine de 35 heures dans l'administration générale de l'État (AGE). Un accord, si conclu, pourrait impacter plus de 200 000 fonctionnaires.
La question des exclusions reste au cœur des débats
L'objectif de l'exécutif est de finaliser l'accord avant la fin mars, comme promis. Cette réduction du temps de travail, représentant une baisse de 2,5 heures par semaine par rapport aux 37,5 heures actuelles, concerne l'ensemble des agents de l'administration centrale. Mais le chemin vers la mise en œuvre reste semé d'embûches.
Le principal point de friction réside dans la définition des catégories de personnels qui seront éligibles à cette réduction. La proposition initiale du gouvernement envisage d'exclure, notamment, le personnel des armées, des forces de l'ordre et des institutions pénitentiaires. Les professionnels de la santé et de l'éducation figurent également, en principe, hors de portée.
« Les syndicats insistent pour que le personnel pénitentiaire et une partie du personnel éducatif et sanitaire soient inclus », révèle une source proche du dossier. Cette revendication constitue le principal obstacle à la conclusion d'un accord. L'exclusion de ces catégories est perçue comme une remise en cause des avancées sociales obtenues par le passé.
La mise en place de la 35 heures ne sera pas uniforme. La secrétaire d'État à la Fonction publique émettra des instructions spécifiques à chaque département pour garantir la continuité du service public, notamment dans les domaines sensibles tels que l'accueil du public ou les services d'urgence. La modification officielle de l'instruction des jornadas et horaires de l'AGE, publiée au Journal Officiel, marquera le début formel de ce nouveau régime.
Parallèlement à cette réforme, l'exécutif accélère la définition de l'offre publique d'emploi de 2026 et travaille sur un décret visant à réguler l'accès et la titularisation des personnes handicapées. Ces initiatives s'inscrivent dans une volonté plus large de moderniser l'administration.
Le mois de mars s'annonce donc décisif pour la réforme du travail dans le secteur public. Si les négociations progressent comme prévu, la 35 heures pourrait entrer en vigueur dès le mois prochain, transformant profondément les conditions de travail de centaines de milliers de fonctionnaires. Une transformation qui, au-delà des chiffres, aura des répercussions sur l'équilibre personnel de chacun.