Gouvernement et syndicats : un impasse sur le recrutement des fonctionnaires

Le plan gouvernemental pour augmenter le nombre de fonctionnaires d’État est tombé de court auprès des syndicats. Une manœuvre sans transparence et des effectifs proposés jugés insuffisants ont conduit les principales centrales – CCOO, UGT et CSIF – à rejeter fermement la proposition.

Un manque criant d'informations et de chiffres

La réunion de la semaine dernière, convoquée par le ministère de la Fonction publique, a révélé un processus de négociation opaque. Les syndicats dénoncent un manque total de données, de chiffres précis et de transparence concernant la répartition des postes par territoire, département, corps et échelons. La situation est récurrente, rappelant le rejet de l’offre de 2025, avec ses 36 588 postes (dont près de 27 000 pour l’Administration générale de l’État), jugée trop faible par rapport à l’offre de 2024, qui avait dépassé les 40 000 postes.

Le ministère se contente de confirmer que la proposition de Plan d'Investissement Exceptionnel (PIE) de 2026 sera « similaire » à celle de l’année dernière, sans fournir davantage de détails. Cette absence de clarté alimente la colère des syndicats.

La pénurie de personnel, une urgence exacerbée

La pénurie de personnel, une urgence exacerbée

Ce rejet s'inscrit dans un contexte particulier : la régularisation exceptionnelle des immigrés exerce une pression considérable sur certaines administrations de l'AGE, déjà surchargées de travail, notamment dans les domaines de l'Immigration, de la Sécurité sociale et de l'Intérieur. CCOO va même plus loin, reprochant à l'administration d'avoir « échoué à mettre sur la table le nombre de postes nécessaires », demandant « la preuve » aux organisations syndicales sans fournir de chiffres concrets. CSIF accuse le ministère de « dissimuler l'offre d'emploi public » et attend des données avant l'approbation par le Conseil des ministres, un événement peu probable pour le prochain mardi.

Retraites anticipées et offres inachevées

Retraites anticipées et offres inachevées

Parallèlement à ce blocage, le gouvernement travaille sur un décret pour débloquer 700 000 retraites anticipées. La mise en place de la journée de 35 heures, déjà en cours dans l'administration, nécessitera un renforcement des effectifs. Et l'exécution des offres d'emploi public de 2023, 2024 et 2025, dont 5 765 postes à déroulement libre et 3 238 à recrutement professionnel, reste un problème majeur, car leur exécution est menacée par l'expiration de la dernière offre en juillet, sans qu'aucune offre ne soit prévue pour les remplacer. L'avenir des fonctionnaires demeure incertain.

L'exécution de ces offres n'est pas la seule préoccupation. Le ministère prévoit de sanctionner les administrations qui n'atteignent pas 75% d'occupation de leurs recrutements et d'intégrer des modules obligatoires sur les compétences numériques dans les concours. Cependant, le calendrier reste flou, et les syndicats restent sceptiques quant au respect des engagements pris.