Blocage sur la 35 heures dans l'administration espagnole : le dialogue s'enlise

La négociation sur la jornada de 35 heures dans l'administration générale espagnole (AGE) est au point mort. Le ministère de la Fonction publique, sous la direction d'Óscar López, a mis le veto à toute avancée après sa dernière rencontre avec les représentants des fonctionnaires. Une décision qui retarde depuis des années un accord attendu par des milliers de fonctionnaires.

Une impasse salée pour les fonctionnaires ?

Le dialogue est bloqué faute de consensus. Les divergences portent sur la voie à suivre. Cette situation met en péril un des engagements salariaux les plus revendiqués par le personnel public. La réduction de la jornada fait partie d'une stratégie plus large, portée par des syndicats comme Comisiones Obreras (CCOO) et la Central Sindical Independiente y de Funcionarios (CSIF), depuis le relancement de la table de dialogue sociale fin 2023.

La dernière réunion, le 25 février, a vu CSIF détailler sa proposition, articulée autour de deux axes principaux : une réforme législative de l'Estatut de base du fonctionnaire (EBEP) et l'adoption immédiate d'une instruction administrative régissant la jornada dans l'AGE. « Il est nécessaire de modifier l'article 47 du TREBEP pour instaurer par la loi la jornada de 35 heures », insiste le syndicat, afin que cette réduction s'applique à toutes les Administrations Publiques et au secteur public. Parallèlement, CSIF demande la publication d'une instruction de jornada et d'horaires fixant la jornada de 35 heures hebdomadaire dans l'AGE, en attendant la réforme législative. Ce document devrait permettre d'adapter les modalités à des collectifs spécifiques, comme les corps avec des jornadas particulières, les enseignants ou les personnels de santé, et ce, de manière proportionnelle.

Cependant, ces propositions n'ont pas abouti lors de la réunion, en raison de l'absence de propositions complètes de la part d'autres organisations syndicales, a indiqué le ministère de la Fonction publique.

CCOO, lui, estime qu'il n'est pas nécessaire de recourir à une loi pour instaurer la réduction de jornada. « Déjà en 2012, la jornada avait été étendue par un réel, sans exclusions, et les augmentations salariales avaient été appliquées de manière générale sans nécessité de norme spécifique », rappelle le syndicat. Il y voit une tentative du gouvernement d'appliquer la jornada de 35 heures sans coût économique supplémentaire, en redistribuant les charges de travail.

« Nous sommes confrontés depuis 13 ans à la même jornada, et les effectifs de l'AGE ont toujours fait face aux crises économiques et sanitaires », souligne CCOO. Le syndicat insiste sur le fait qu'il ne suffit pas de mesures unilatérales ou d'instructions sans fondement juridique solide, surtout pour un collectif de plus de 500 000 employés.

CCOO critique que les bons résultats macroéconomiques du pays ne se traduisent pas par des améliorations pour les fonctionnaires, qui, selon le syndicat, perçoivent les salaires les plus bas parmi les administrations. L'organisation envisage déjà des mobilisations pour obtenir une jornada adaptée au XXIe siècle.

L'administration a reconnu avoir reçu les propositions de CSIF, mais a invoqué le manque de consensus entre les syndicats comme principale raison pour ne pas pouvoir avancer dans la négociation.